C’est vrai que ça a été assez laborieux, mais là, la situation s’est améliorée puisqu’on a à la fois une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz et une levée temporaire des sanctions sur le pétrole iranien pour une durée de 60 jours. Donc, la conséquence directe de tout ça, c’est qu’on a une baisse des prix du pétrole et des prix du gaz naturel. Ça, c’est particulièrement positif pour l’Europe et pour certains pays asiatiques qui sont un peu plus dépendants des importations d’énergie que les États-Unis, par exemple. Donc l’enjeu maintenant, ça va être de savoir si tout ça sera durable. Parce que si c’est durable, ça pourrait d’une part réduire la pression sur les banques centrales, notamment la BCE, qui pourrait éviter de devoir augmenter ses taux une deuxième fois. Et d’autre part, ça pourrait soutenir la croissance économique après quand même plusieurs mois durant lesquels le choc énergétique a quand même pesé sur la confiance des ménages et sur la confiance des entreprises. D’ailleurs, les PMI publiées hier vont dans le bon sens. Le PMI composite de la zone euro remonte à 49,5 contre 48,5 le mois d’avant. L’activité reste en légère zone de contraction, mais ça devrait s’améliorer sur les prochains mois si jamais la réouverture du détroit d’Ormuz est bien confirmée.
Un peu de prudence quand même de ce côté-là. Je rappelle que les gros points de blocage entre l’Iran et les États-Unis n’ont toujours pas été résolus.
Pas de grosse surprise, la Fed a maintenu ses taux inchangés. On note quand même un ton un peu plus restrictif qu’attendu. Il n’y avait qu’un vrai point d’attention sur l’inflation. Kevin Warsh a rappelé que l’inflation était supérieure à la cible de 2 % depuis cinq ans et donc que la Fed avait échoué dans sa mission jusque-là.
Au-delà de ça, je pense que ce qu’il faut vraiment retenir de cette réunion, c’est le changement radical au niveau du mode de communication. Donc on a beaucoup moins d’indications sur la trajectoire des taux, les conférences de presse pourraient changer ou en tout cas être moins fréquentes. On a une communication qui sera beaucoup moins riche, ce qui rendra les décisions de la Fed plus imprévisibles et ça, ça pourrait renforcer la volatilité sur les marchés.
Si on regarde justement ce qui s’est passé sur les marchés depuis cette réunion, on a eu un rebond des taux souverains, en particulier des taux courts, avec le ton plus restrictif justement. Un rebond du dollar face à l’euro et une baisse des valeurs technologiques. Là, le Nasdaq perd 3,5 % depuis le début de la semaine. On verra ce soir si les résultats de Micron renversent un peu cette tendance ou pas.
Entretien avec Marina GARLATTI, Gérante de portefeuille chez Tailor Asset Management
Entretien avec Julien QUISTREBERT, Directeur Général délégué de Tailor Asset Management
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