Il ne serait pas surprenant que la Fed en fasse de même, parce qu’on a quand même un environnement qui justifie un resserrement monétaire. On a, d’une part, une croissance qui va être relativement résiliente et, d’autre part, une inflation en hausse, tirée largement par les prix de l’énergie. On a un prix du baril de pétrole qui est de nouveau au-dessus des 100 dollars parce qu’il y a de mauvaises nouvelles du côté de l’Iran. L’oléoduc qui a été touché par des frappes en Arabie saoudite, c’était le seul moyen pour le pays d’exporter son pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz, donc forcément, ça impacte les prix. Il y a aussi un sujet sur le gaz européen, qui est au plus haut depuis fin 2022, et vu les niveaux anormalement bas des stocks, ça pourrait maintenir une pression sur les prix. Donc oui, pour la Fed, le marché anticipe une hausse de taux avec une probabilité de 90 %. Et ça, malgré la pression politique pour maintenir les taux le plus bas possible aux États-Unis. En fait, derrière, le vrai sujet, c’est le refinancement de la dette, puisqu’il y a une grosse partie de la dette qui est financée sur du très court. Mais oui, si Kevin Warsh ne monte pas ses taux, ça risque de remettre sérieusement en doute la crédibilité de la Fed.
Là, tout de suite, c’est vrai que le marché n’arrive pas à être rassuré, que ce soit sur les risques inflationnistes ou sur la trajectoire budgétaire des États. On le voit quand le Trésor américain annonce qu’il va tripler ses opérations de rachat de dettes sur les maturités longues. Là, c’est 10 à 20 ans. Ça n’a quasiment aucun effet sur les taux. C’est vrai que le montant reste assez faible par rapport à la taille du marché, mais surtout, le fond du problème n’est pas réglé. Là, on a un 10 ans américain qui a atteint les 5 %. C’est quand même intéressant de noter que récemment, les taux courts progressent eux aussi et progressent encore plus vite que les taux longs parce que, justement, le marché a réajusté ses anticipations de hausse de taux directeur des banques centrales. Et donc, on a une courbe des taux qui a tendance à s’aplatir doucement et, d’ailleurs, ça, c’est généralement un mauvais signal pour le secteur financier puisque ça risque de comprimer les marges des banques.
Entretien avec Julien Quistrebert, Directeur Général délégué de Tailor Asset Management
Entretien avec Marina Garlatti, Gérante de portefeuille chez Tailor Asset Management
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